Photo provenant de l'AI
Maurice fixait sa valise ouverte, un mélange d'excitation et d'appréhension au creux de l'estomac. À 65 ans, après un infarctus léger survenu l'an dernier, ce voyage en Italie était sa récompense. Mais une question le hantait : « Et si mon cœur me lâche à Rome ? »
Il avait appelé son assureur le matin même. La voix au bout du fil avait été claire, presque chirurgicale : « Monsieur, pour être couvert, votre état doit être stable. »
Le concept de la « zone de calme »
Pour un assureur, la stabilité n'est pas une simple absence de douleur. C'est une période de temps — souvent 3, 6 ou même 12 mois avant le départ — durant laquelle rien, absolument rien, ne doit avoir changé dans le dossier médical de l'assuré.
Pour Maurice, cela signifiait trois critères stricts :
- Aucun nouveau symptôme : Pas d'essoufflement inhabituel, pas de serrement à la poitrine.
- Aucun nouvel examen : Si son médecin avait demandé une coronarographie de contrôle deux semaines avant le voyage, la « stabilité » aurait peut-être été brisée.
- Aucun changement de médication : C'est ici que Maurice avait failli se faire piéger. Un mois plus tôt, son cardiologue avait réduit son dosage de bêtabloquants. Pour Maurice, le tout était une excellente nouvelle ! Mais pour l'assurance, un changement de dose (même à la baisse) réinitialise souvent l'horloge de la stabilité.
Le risque du pari financier
Maurice comprit alors que l'assurance voyage ne couvre pas les « conditions préexistantes » de manière automatique. Elle couvre l'imprévisible. Si son état change juste avant de partir, la situation n'est plus considérée comme imprévisible par les assureurs ; il est considéré comme un risque en évolution et donc, instable.
S’il partait sans respecter cette clause et qu'il faisait un malaise à Florence, l'assureur fouillerait son dossier médical. En découvrant le changement de prescription récent, il pourrait refuser de payer les dizaines de milliers de dollars de frais d'hospitalisation.
Ce qu'il faut retenir pour votre prochain départ
Si vous vivez avec une maladie cardiaque, gardez ces points en tête avant de réserver :
- La période de stabilité : Vérifiez la durée exigée par votre contrat (elle varie selon votre âge et le type de police).
- Le questionnaire médical : Soyez d'une honnêteté brutale. Une omission, même involontaire, pourrait annuler ou réduire fortement votre protection.
- L'avis médical : Demandez à votre médecin si votre état est considéré comme "stable et fixe".
- Avenant de protection : Certaines compagnies offrent (moyennant une surprime) de réduire la période de stabilité requise. C'est une option précieuse si votre traitement a été ajusté récemment.
Conclusion : La paix d'esprit avant tout
Maurice a finalement attendu trois mois de plus pour s'assurer que sa nouvelle dose de médicament soit bien acceptée par son corps et par son contrat d'assurance. Il a savouré ses pâtes à la terrasse d'un café à Rome, l'esprit tranquille, sachant que son cœur — et son portefeuille — était en sécurité.
Note importante : les clauses varient énormément d'un assureur à l'autre. Relisez toujours votre contrat d'assurance ou parlez à nos représentants et conseillers chez Assurance Voyage Eurêka avant de boucler votre valise.
